Chercher un emploi lorsqu’on est déjà en poste est souvent le meilleur moment pour le faire. En revanche, mener cette recherche est un exercice délicat, car vous devez avancer sans éveiller les soupçons de votre employeur actuel
Pourquoi est-ce que le meilleur moment pour chercher un emploi est celui où l'on est déjà en poste ?
Parce qu’un recruteur ou futur employeur préfère généralement vous savoir déjà en activité : cela le rassure sur votre employabilité et lui laisse penser que vous serez plus rapidement opérationnel, avec des compétences récentes et directement applicables.
C’est une réalité qui peut être frustrante pour ceux qui sont en recherche active après une perte d’emploi, mais elle reste bien ancrée dans les mentalités. Pour autant, être sans emploi ne constitue pas un handicap rédhibitoire : il est rare aujourd’hui qu’un candidat n’ait pas connu de période de chômage.
En revanche, mener une recherche alors que vous êtes encore en poste est un exercice délicat : vous devez avancer sans éveiller les soupçons de votre employeur actuel.
Voici mes 5 conseils pragmatiques:
La tentation est grande de jeter un œil aux offres pendant la pause lunch… mais attention.
De nombreuses entreprises disposent de systèmes qui enregistrent l’activité Internet ou conservent un historique d’impression.
Chercher un emploi depuis votre poste de travail est risqué : un collègue pourrait vous voir, ou votre employeur pourrait en déduire vos intentions.
À faire :
· Utiliser uniquement un ordinateur et un téléphone personnels, idéalement connectés à un réseau privé
· Créer une adresse e-mail dédiée à votre recherche
· Disposer d’un numéro de téléphone réservé à vos échanges avec les recruteurs
À éviter absolument :
· Imprimer votre CV ou vos lettres de motivation sur l’imprimante collective.
· Laisser vos documents ouverts sur votre bureau ou sur un écran visible.
Mon astuce organisation : créer un dossier “Job Search” sur votre cloud personnel, protégé par mot de passe, pour centraliser vos différentes postulations.
Lorsque vous devrez échanger par téléphone, faites-le idéalement depuis votre domicile.
Si l’appel a lieu durant la journée, faites une pause en passant cet appel depuis votre voiture ou à l’extérieur du bâtiment. Ce sera préférable pour que vous puissiez être concentré et serein durant l’échange.
Si vous devez aller passer un entretien dans la journée (avant ou après votre journée de travail), veillez à ce que votre tenue vestimentaire soit similaire à celle que vous portez dans votre quotidien professionnel, sinon nul doute que vous allez attirer d’emblée l’attention de votre employeur.
Et pensez bien du coup à prévenir le recruteur le cas échéant, y compris si votre entretien a lieu en visio.
Pour rester concentré et éviter d’attirer l’attention :
· Privilégiez les appels tôt le matin, en fin de journée, ou sur votre temps de pause, à l’extérieur.
· Pour les entretiens visio, isolez-vous dans un lieu calme, neutre et à l’abri des regards indiscrets.
À bannir :
· Les entretiens en visio ou téléphoniques depuis votre voiture… encore moins en conduisant.
A noter : chercher un emploi tout en travaillant vous place en position de force pour négocier salaire, avantages ou conditions de travail, car vous n’êtes pas dans l’urgence.
La discrétion ne s’arrête pas aux murs de votre entreprise.
Elle s’applique aussi à votre réseau, y compris virtuel :
· Identifiez des personnes de confiance qui pourront être vos références professionnelles
· Réfléchissez avant de publier ou modifier quoi que ce soit sur LinkedIn (ou d’autres réseaux) : vos collègues ou votre manager peuvent voir vos activités, directement ou via les suggestions de connexion.
Veillez en outre à paramétrer votre profil LinkedIn pour que vos modifications ne soient pas automatiquement notifiées à votre réseau.
Mais surtout, entretenez votre profil en continu, même quand vous ne cherchez pas. Ainsi, toute mise à jour paraîtra naturelle.
Déposer son CV sur un job board semble pratique… mais attention :
Votre employeur peut utiliser les mêmes plateformes pour recruter et tomber sur votre candidature.
En particulier dans des marchés restreints comme la Suisse romande, où les job boards sont peu nombreux, le risque est réel.
Solutions :
· Diffusez votre CV de manière ciblée.
· Indiquez éventuellement “NOM CONFIDENTIEL” à la place de votre employeur actuel, tout en mentionnant le secteur d’activité et la taille de l’entreprise.
· Rappelez systématiquement aux recruteurs votre exigence de discrétion.
Veillez à quitter votre employeur actuel seulement une fois que vous avez au moins une promesse d’embauche ferme de votre future entreprise.
Il faudra bien sûr prévenir votre hiérarchie, respecter votre délai de congé.
Restez en outre professionnel jusqu’au dernier jour, et facilitez la transition pour vos collègues.
Cela vous permettra de quitter votre employeur actuel en bons termes.
J’en ai vu plus d’1 candidat retourner chez son précédent employeur après quelques années dans une autre entreprise. On ne sait jamais ce que l’avenir vous réserve, et la qualité de la sortie vous incombe généralement en grande partie.
Un changement réussi ne se mesure pas uniquement à l’obtention d’un nouveau poste, mais aussi à la manière dont vous quittez l’ancien.
Chercher un nouvel emploi tout en travaillant est un jeu subtil entre opportunisme et prudence.
La clé : protéger votre confidentialité, rester stratégique, et ne jamais compromettre votre réputation.
Dernier conseil bonus : restez attentif au marché même quand vous n’êtes pas en recherche active.
Entretenir votre réseau et rester visible dans votre secteur vous permettra de ne jamais repartir de zéro.
NB : Tous ces conseils ne concernent que les salariés en CDI, car évidemment si vous êtes en emploi temporaire, bien au contraire, soyez visible aux yeux des recruteurs et sur les réseaux sociaux afin de pouvoir signer un nouvel emploi avant la fin de votre contrat.