Stratégie de recherche d'emploi

Comment être contacté par un chasseur de têtes en Suisse ?

Découvrez comment les candidats peuvent attirer l’attention des chasseurs de têtes en Suisse grâce à une stratégie claire, ciblée et adaptée au marché suisse.

Sandrine Durand-Clarini

Publié le

18.03.2026

Depuis plus de 20 ans que j’accompagne des candidats sur le marché de l’emploi suisse, je constate un décalage récurrent entre ce que les postulants pensent du recrutement en Suisse et la réalité du terrain.

Beaucoup croient encore que tout se joue sur les annonces, les plateformes ou les candidatures classiques. Pourtant, ce n’est pas là que se trouvent les opportunités les plus intéressantes...

En effet, la Suisse fonctionne largement par approche directe. Cela signifie que si vous êtes cadre, spécialiste ou dirigeant, vous avez de fortes chances d’être recruté sans même avoir postulé, simplement parce qu’un chasseur de têtes vous a identifié comme un talent potentiel.

La vraie question est donc : comment être contacté par un chasseur de têtes en Suisse ?

Dans cet article, je vais vous partager ce que je constate sur le terrain, les stratégies qui fonctionnent réellement, les erreurs que je vois trop souvent, et surtout les leviers spécifiques au marché suisse que vous pouvez activer dès maintenant.

Vous allez comprendre comment les chasseurs de têtes travaillent en Suisse, comment ils repèrent les candidats et comment vous pouvez devenir visible à leurs yeux.

1- Comment fonctionnent réellement les chasseurs de têtes en Suisse ?

Le chasseur de têtes n’est pas un recruteur généraliste. Il ne publie pas une annonce pour recevoir des candidatures.

Il est mandaté par une entreprise pour identifier des profils rares ou stratégiques, souvent pour des postes confidentiels ou à haute responsabilité.

En Suisse, ce rôle est encore plus particulier, car les entreprises attendent du chasseur de têtes :

·       une connaissance fine du tissu économique local

·       un accès privilégié à un réseau de talents suisses

·       une compréhension de la culture d’entreprise

·       une capacité à évaluer le fit culturel

·       un respect strict de la confidentialité et de la discrétion

Un chasseur de têtes suisse ne cherche jamais un candidat approximatif. Il doit trouver la personne idéale pour répondre à un mandat très précis. C’est pourquoi il utilise des méthodes beaucoup plus ciblées que les recruteurs traditionnels.

2- Comment les chasseurs de têtes repèrent-ils donc les talents en Suisse ?

Lorsqu’un chasseur reçoit un mandat, il commence par identifier où se trouvent les talents potentiels.

Il ne se contente pas de regarder les profils visibles. Il explore l’écosystème complet, c’est-à-dire les entreprises cibles dans lesquelles se trouvent des profils similaires, ainsi que les secteurs d’activité proches ou équivalents.

Il recherche ensuite les profils ayant des fonctions transposables, ayant occupé (ou occupant) des rôles avec des responsabilités ou des environnements comparables, dans des zones géographiques pertinentes (Suisse romande si tel est le cas).

C’est cette cartographie qui constitue la base de son travail d’approche.

En Suisse, sachez que le réseau professionnel est presque aussi important que les compétences.

Aussi les chasseurs utilisent-ils prioritairement leurs contacts : anciens candidats placés, dirigeants et cadres qu’ils connaissent depuis des années, recommandations internes, anciens collaborateurs ou partenaires, etc.

Chaque recommandation compte dans un pays où la confiance joue un rôle crucial.

3- Le rôle incontournable de LinkedIn

LinkedIn est devenu un outil essentiel pour les chasseurs, mais pas uniquement comme une base de CV.

Aussi l’utilisent-ils pour :

·       effectuer des recherches avancées à partir de mots-clés spécifiques

·       analyser vos intitulés de poste

·       vérifier la cohérence de votre parcours

·       évaluer votre crédibilité professionnelle

Les profils actifs, clairs, cohérents et contextualisés ont beaucoup plus de chances de ressortir dans les résultats de recherches.

Avoir un profil complet, optimisé et bien référencé n’est clairement plus une option !

Les chasseurs doivent comprendre en quelques secondes ce que vous faites, dans quel contexte vous travaillez, votre niveau de responsabilité, votre domaine d’expertise, le secteur d’activité de votre entreprise.

Un profil flou ou incomplet ne fonctionne jamais.

4- Un processus de validation très rigoureux

Un (bon) chasseur de têtes ne présente jamais un candidat sans plusieurs filtres.

Il sélectionne une dizaine de profils (voire moins) à partir de critères tels que :

·       un premier contact pour évaluer l’intérêt et la pertinence

·       un ou plusieurs entretiens approfondis

·       une évaluation en matière de leadership, de qualité relationnelle et de fit culturel

·       une analyse de la motivation réelle

·       une vérification de l’adéquation salariale

C’est pour cette raison qu’être contacté par un chasseur en Suisse n’est pas un hasard.

C’est le résultat d’un travail ciblé, combinant visibilité, cohérence et réputation.

5- Comment être contacté par un chasseur de têtes en Suisse ?

En Suisse, plus de 70 % des postes cadres ne sont pas publiés. C’est ce qu’on appelle le marché caché.

Ils sont pourvus via des recommandations internes, des réseaux professionnels, des chasseurs de têtes et les « fameuses » approches directes (et discrètes).

Si vous attendez qu’une annonce apparaisse, vous manquerez donc l’essentiel des opportunités du marché.

Pour être contacté, vous devez :

·       être visible dans les bons cercles

·       être identifiable par votre expertise

·       être perçu comme un profil stable et fiable

·       apparaître dans les recherches ciblées, prioritairement sur le réseau LinkedIn

·       inspirer confiance par votre posture professionnelle

Cela représente un travail continu, pas une action ponctuelle.

Le réseau n’est donc pas quelque chose de facultatif en Suisse. C’est un élément de base du fonctionnement du marché.

Beaucoup de candidats me disent qu’ils n’ont pas de réseau. Pourtant, ils en ont déjà un, mais ne l’utilisent pas et/ou ne l’entretiennent pas.

En effet, vous avez forcément un réseau si vous avez étudié en établissement supérieur, travaillé dans une ou plusieurs entreprises, collaboré avec des partenaires, interagi avec des fournisseurs, participé à des événements professionnels, gardé des contacts avec des collègues et managers, etc.

Votre réseau existe. Il faut simplement le mobiliser.

6- Comment faire circuler votre nom dans les « bons cercles » ?

Voici ce que je recommande :

·       reprendre contact avec d’anciens collègues

·       renouer avec vos anciens managers

·       annoncer à votre réseau que vous êtes à l’écoute du marché (avec finesse toutefois)

·       participer à des conférences, salons BtoB, afterworks ou autres événements en Suisse

·       rejoindre des groupes professionnels locaux

·       échanger régulièrement avec des pairs du même secteur

La Suisse est un pays où une bonne recommandation ouvre des portes.

Un profil recommandé a beaucoup plus de chances d’être mis en relation avec LE bon interlocuteur et d’être contacté par un chasseur.

7- Comment expliquer un parcours non linéaire pour rester attractif ?

Les parcours atypiques ne sont pas un problème en Suisse… s’ils sont expliqués.

J’accompagne régulièrement des personnes qui pensent être pénalisées par un parcours non linéaire (suite à une période de chômage, un burn-out,une expatriation, un changement d’orientation, une formation longue, etc.).

En réalité, ce n’est jamais la rupture qui pose problème.

C’est bel et bien l’absence d’explication, un discours flou, une attitude trop défensive, une incohérence apparente ou encore un manque de recul.

Ce que les chasseurs veulent, c’est comprendre votre trajectoire et voir comment vous avez su rebondir.

8– Les erreurs qui vous font perdre l’attention d’un chasseur de têtes

L’absence de clarté sur votre projet est rédhibitoire : si vous ne savez pas où vous allez, un chasseur ne peut pas le savoir non plus. Un projet flou est un signal d’alerte.

Vous devez notamment savoir répondre à ce que vous faites, ce que vous voulez faire, dans quel contexte vous êtes performant, dans quelle industrie vous apportez de la valeur, avec quel niveau de responsabilités, dans quelle fourchette salariale réaliste.

Sans cette clarté, vous serez difficilement mémorable.

Le manque de réactivité est un mauvais signe : un chasseur travaille avec des délais serrés. Une réponse tardive signifie un désintérêt. En Suisse, la réactivité est perçue comme un signe de professionnalisme (même si certains process de recrutement sont souvent très longs, on ne va pas se mentir…)

L’entretien improvisé est problématique : être approché ne garantit rien. Un entretien doit être préparé, même si c’est le chasseur qui vous contacte !

Votre manque d'appétence relationnelle : apprenez à cultiver des relations humaines de qualité ! Les chasseurs choisissent aussi les candidats avec qui ils ont un bon feeling. Les relations authentiques ont toujours plus de poids que les démarches opportunistes.

Conclusion

Le marché de l’emploi suisse est exigeant. Les opportunités existent, mais elles circulent souvent via l’approche directe.

Pour être contacté par un chasseur de têtes en Suisse, il ne suffit pas d’avoir un bon CV.

Il faut aussi être visible, cohérent, positionné et connecté.

Si vous souhaitez que je vous aide à optimiser votre profil LinkedIn pour la Suisse, à définir ou à clarifier votre positionnement, et à devenir attractif pour les chasseurs de têtes suisses, contactez-moi via LinkedIn ou par email (contact@leman-rh.com) pour un premier échange.